Djemila Benhabib

Née en Ukraine en 1972 d’une mère chypriote grecque et d’un père algérien, Djemila Benhabib a grandi à Oran en Algérie dans une famille de scientifiques ouverte et cultivée, engagée dans les luttes politiques et sociales. Très tôt, elle prend conscience de la condition subalterne des femmes de son pays et se fraye un chemin dans une société d’hommes où la violence à l’égard des femmes est plus qu’anodine. La nécessité de se battre individuellement et collectivement s’impose dans sa vie d’une façon naturelle alors que l’idéal de la justice sociale l’anime déjà.

En effet, baignant dans un environnement où se croisent la curiosité intellectuelle et l’exigence du débat, Djemila apprend vite à jeter un regard critique sur la société et s’interroge sans tabou sur tout ce qui l’entoure. C’est pourquoi, dès ses premiers pas à l’école à Oran, elle se heurte à un système d’enseignement qui consacre la tutelle du dogme religieux sur la pensée, sanctifie les valeurs obscurantistes et refuse l’ouverture à la culture universelle.

Condamnée à mort avec sa famille par les islamistes, elle se réfugie en France en 1994 puis s’installe au Québec deux ans et demi plus tard et revendique le statut de réfugiée politique. Elle parachève sa formation scientifique à l’Institut national de recherche scientifique du Québec où elle obtient une Maitrise en science physique. Elle fait des études en science politique et en droit international à l’Université du Québec à Montréal où elle obtient une autre maîtrise.

Correspondante permanente du journal algérien El Watan au Canada de 1999 à 2005, elle mène différentes enquêtes de terrain ainsi que des reportages au Moyen-Orient. Au fur et à mesure de ses investigations, elle découvre avec stupeur que l’islamisme politique a aussi gangrené l’Europe et l’Amérique du nord. Au même moment, elle se familiarise avec le système politique canadien en travaillant au Parlement en qualité d’assistante parlementaire. Puis, en 2008, elle rejoint le Ministère des affaires sociales après avoir réussi le concours d’entrée à la fonction publique canadienne.

En 2009, elle lance un véritable pavé dans la mare en publiant son premier essai Ma vie à contre-Coran, dans lequel elle pourfend le multiculturalisme et promeut la laïcité comme moteur de la citoyenneté. Le livre déchaîne les passions et laisse une impression profonde sur l’opinion publique. Djemila Benhabib met sur pied le Collectif citoyen pour l’égalité et la laïcité, et collabore à la rédaction d’une Charte de la laïcité pour exiger du gouvernement qu’il proclame le caractère laïque de l’État du Québec.

Le livre est accueilli avec beaucoup d’intérêt au Canada et en Europe, notamment en France et en Belgique, ainsi qu’en Algérie où il est publié grâce à la pugnacité d’un éditeur algérien audacieux. D’autre part, l’essai est salué par la critique : finaliste pour le prix du Gouverneur général du Canada 2009, il remporte le prix des Écrivains francophones d’Amérique.

Le magazine québécois Châtelaine classe Djemila Benhabib en 2010 parmi les cinquante femmes qui ont le plus marqué le Québec au cours des cinquante dernières années. Djemila Benhabib s’est également vu attribuer le Prix Femmes de mérite 2010 du YWCA dans la catégorie communications. Elle a reçu à Paris, des mains de Charb, le Prix International 2012 de la Laïcité et a été nominée et finaliste du Prix Simone de Beauvoir 2013 pour la liberté des femmes.

Son deuxième essai, Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident (2011, VLB) confirme son talent d’essayiste. Ses contributions en faveur des droits des femmes, de la laïcité et de l’intégration des immigrants sont pertinentes et appréciées. Ce qui lui permet de se tailler une place dans le paysage médiatique (presse écrite, radio et télévision) où elle s’affirme comme une intellectuelle conséquente et engagée. Les soldats d’Allah à l’assaut de l’Occident paraît dans des éditions française (H&O) et algérienne (Koukou) à l’automne 2012, simultanément en France et en Algérie, préfacé par Yvette Roudy.

En 2012, elle s’engage en politique aux côtés de Pauline Marois, chef du Parti Québécois. Elle publie Des femmes au printemps chez VLB en novembre. L’essai sort en Algérie chez Koukou en février 2013 et en France chez H&O le 8 mars sous le titre L’automne des femmes arabes. Il obtient au Québec le Prix Gérald Godin et le Prix du Livre de l’année de Culture Mauricie. Le Prix humaniste du Québec 2014 salue ses valeurs éthiques et sa pensée critique.

En 2014, les éditions H&O publient en France la version de poche de Ma vie à contre-Coran.
Début 2015, fortement marquée par le massacre des membres de la rédaction de Charlie Hebdo, et par les horreurs qui suivent à Paris, Djemila Benhabib entame la rédaction de l’essai Après Charlie, édité en France par H&O en janvier 2016. Ce nouvel ouvrage lui vaut de recevoir le Prix Humanisme 2016 de l’Institut Maçonnique de France. Elle obtient aussi cette même année le Prix de la liberté d’expression pour l’ensemble de son œuvre à l’occasion du Différence Day à Bruxelles.

L’engagement de Djemila n’est pas sans conséquence puisqu’elle est la cible de menaces physiques et de campagnes d’intimidation de la part de groupes islamistes qui profitent des privilèges que leur octroient le multiculturalisme et la Charte canadienne des droits et libertés, en un mot d’un angélisme institutionnalisé, pour asseoir leur hégémonie.

Djemila Benhabib poursuit son engagement coûte que coûte est reste l’une des rares voix de culture musulmane, au Québec et au Canada, à s’insurger ouvertement contre la place du religieux dans la sphère publique et à prôner un vivre-ensemble libéré des carcans ethniques et religieux. 

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Contact presse H&O : Karine Baudoin – 06 30 08 42 14.

 

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