Plan contre l’homophobie : les jeunes en errance laissés sur le carreau

L’association le Refuge exprime sa déception au lendemain de l’annonce par Mme la Ministre Najat Vallaud-Belkacem de son Plan contre l’Homophobie et la Transphobie. En effet, une des principales mesures recommandées par l’association de lutte contre l’homophobie ne figure pas dans les propositions gouvernementales : le plan ne prévoit rien pour l’hébergement de stabilisation des jeunes en errance en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. « Nous avons contribué à six groupes de travail et participé à près de 18 réunions déclare Nicolas Noguier, président du Refuge. Un investissement humain et financier qui devait déboucher sur des mesures concrètes pour les jeunes homosexuels et transsexuels que nous accompagnons. Au final, notre revendication la plus urgente n’a pas obtenu de réponse ! »

De façon générale, les dirigeants du Refuge estiment que le gouvernement n’est pas dans l’action mais dans l’annonce. Les associations auraient-elles été consultées pour rien, ou simplement pour calmer leurs ardeurs ? « Nous resterons vigilants et monterons au créneau chaque fois que nécessaire, car trop de jeunes sont actuellement en souffrance et ne sauraient se contenter d’un rappel des principes, avertit Nicolas Noguier. L’abandon familial, le délaissement social se traduit aujourd’hui au niveau gouvernemental par une politique les laissant encore sur le carreau. Le Refuge lutte chaque jour avec de faibles moyens, pour pallier cette carence et ne cessera pas son combat ! »

Les dirigeants du Refuge saluent toutefois le lancement par M. le Ministre de l’Education Nationale d’une mission « relative à la lutte contre l’homophobie qui portera sur la prévention du suicide des jeunes LGBT ». Quelques avancées devraient aussi avoir lieu en matière de formation des travailleurs sociaux d’une part, de prévention et d’information en milieu scolaire d’autre part (avec la simplification de l’agrément).

Le Refuge rappelle ses préconisations au gouvernement :
1. La formation des travailleurs sociaux, du personnel éducatif et du personnel médical, particulièrement dans les services des urgences psychiatriques.
2. La création d’hébergements de stabilisation, véritables vecteurs de réalisation du travail psychologique et social d’accompagnement des jeunes rejetés par leurs proches.
3. Les interventions en milieu scolaire, auprès des élèves et du personnel éducatif, avec l’implication des associations de parents d’élèves. Le Refuge recommande un partenariat avec le Ministère de l’Agriculture car l’homophobie, la transphobie et le suicide des jeunes LGBT sont particulièrement préoccupants en milieu rural.
4. La création d’un observatoire national sur le suicide.

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