L’association Les Amis d’Yves Navarre travaille depuis 10 ans à la valorisation de l’œuvre du Prix Goncourt 1980. Son activité se structure notamment autour de l’édition, de l’organisation de colloques et de la valorisation des archives de l’auteur. Elle fêtera son anniversaire avec ses membres et ses invités le 7 mars prochain à Paris dans un lieu emblématique, le Jardin d’Acclimatation.
Plus de 120 membres en France et à l’international, cinq volumes d’œuvres complètes publiées, le Goncourt 1980 réédité en format de poche, sept colloques internationaux organisés, un fonds d’archives national créé… Le bilan des Amis d’Yves Navarre, association née près de Montpellier en mars 2016, est à la hauteur de l’engagement de ses membres fondateurs, du lien particulier qu’Yves Navarre avait tissé avec ses lectrices et ses lecteurs et de la relation qui se crée toujours entre l’auteur, disparu en janvier 1994, et celles et ceux qui découvrent ses écrits. « Yves Navarre avait un souhait : que ses livres circulent » rappelle Sylvie Lannegrand, présidente de l’association. « Cette volonté guide toutes nos actions. »

De gauche à droite : Karine Baudoin, Brigitte Louichon, Sylvie Lannegrand et Philippe Leconte. • © Ph. Ferrer
Édition : la somme magistrale des œuvres complètes et des « poche » grand public
Les Amis d’Yves Navarre travaillent avec la maison d’édition indépendante H&O qui a commencé à rééditer Navarre en poche dès 2005. En 2016 puis 2017, H&O publie deux inédits retrouvés dans les archives de l’écrivain, le roman Pour dans peu et le recueil de poèmes Chants de tout et de rien, Chants de rien du tout. L’année suivante parait le premier opus des œuvres complètes d’Yves Navarre, travail au long cours qui doit comporter une dizaine de beaux livres jaspés de bleu roi, chacun doté d’un appareil critique et d’un cahier de photographies. Le sixième volume est prévu en 2027. En 2019, H&O propose une nouvelle édition de poche du Jardin d’acclimatation, prix Goncourt 1980, préfacée par Tatiana de Rosnay. 2024 voit paraître le recueil de citations Mot pour mot avec le concours des membres des Amis d’Yves Navarre. Une édition collector du Cœur qui cogne, roman sorti en 1974, est programmée pour septembre 2026.

Le colloque international Yves Navarre, un rendez-vous biennal et une revue
Avant que l’association n’existe, deux colloques, à Galway et Paris, ont permis à l’équipe qui l’anime désormais de créer ou de consolider leurs liens. Les Amis d’Yves Navarre organisent depuis un colloque biennal consacré à l’écrivain. Ouvertes à toutes et à tous, ces rencontres voient se côtoyer des universitaires, des professionnels du monde de la culture et de la communication, des artistes, des étudiants, des lecteurs et des lectrices, des proches de l’écrivain… Après Montpellier en 2016 et Liège en 2018, le colloque 2021 a lieu dans le cadre prestigieux de la grande salle des séances de l’Institut de France. Suivent Condom en 2023, ville de naissance d’Yves Navarre, puis Joucas en 2025, village du Luberon où il vécut un temps. Les actes des colloques sont publiés dans une revue baptisée Les Cahiers Yves Navarre, dont le 7e numéro sortira le 7 mars 2026.
« Yves Navarre avait un souhait : que ses livres circulent. Cette volonté guide toutes nos actions. »
Sylvie Lannegrand, présidente des Amis d’Yves Navarre
À Montpellier, un fonds d’archives d’envergure pour les chercheurs et les étudiants
Les associations d’amis d’écrivains jouent un rôle important dans la préservation du patrimoine littéraire. Les Amis d’Yves Navarre se sont donné pour mission de réunir les documents épars, souvent conservés par des particuliers, afin de les analyser et de préparer leur archivage. L’association est ainsi à l’origine de la création du Fonds Yves Navarre à la médiathèque centrale de Montpellier en septembre 2017. Ce fonds est né de la donation de la famille Perrenoud, qui fut longtemps responsable morale de l’œuvre de l’auteur avant de transmettre cette responsabilité aux Amis d’Yves Navarre. Il s’est ensuite enrichi de deux autres donations, en 2019 et 2025, et offre aujourd’hui aux chercheurs près de 2700 documents : correspondance, photographies, tapuscrits, articles de presse, etc. Dans la continuité de cette mission d’archivage, Les Amis d’Yves Navarre ont lancé un Prix de Master afin d’inciter les étudiants en lettres, sociologie et information-communication à se saisir de l’œuvre d’Yves Navarre et à travailler sur ces archives.

10 ans d’actions fêtés au sein du Jardin d’Acclimatation
Les Amis d’Yves Navarre organisent leur assemblée générale anniversaire le 7 mars 2026 au sein du Jardin d’Acclimatation, partenaire de l’événement.
La réunion statutaire sera suivie d’une lecture de textes par le comédien et metteur en scène Clément Supparo : un choix de lettres extraites du Jardin d’acclimatation (prix Goncourt 1980) et un des chapitres de Premières pages, roman paru en 1983 et réédité en 2025 dans le volume 5 des œuvres complètes d’Yves Navarre.
Un cocktail apéritif clôturera la journée.
Contact presse : Karine Baudoin, 06 30 08 42 14.








À propos d’Yves Navarre
Jérémie, 13 ans, vit au Chili, à la lisière de la forêt amazonienne. Son frère aîné, Jonah, est en proie à de curieuses idées fixes et exerce sur lui un harcèlement que sa famille refuse de prendre au sérieux. Lors d’une excursion insensée dans la jungle, Jonah disparaît et est bientôt présumé mort. Ravagés par le chagrin, ses parents accusent Jérémie d’avoir assassiné son propre frère par jalousie. Ne supportant plus sa présence, ils expédient l’adolescent aux USA dans un mystérieux pensionnat militaire où lui seront inculquées les techniques d’infiltration et d’assassinat qui constituent le bagage de tout vrai patriote au service de son pays. Jérémie va alors passer de l’autre côté du miroir et pénétrer dans le cercle très fermé de ceux qui tirent les ficelles du monde et ne reculent devant rien pour parvenir à leurs fins.
L’important pour moi c’est la liberté d’écriture. Je ne supporte pas qu’on essaie de m’imposer des choses sous couvert de « suggestions » et qu’on tente mine de rien de prendre le contrôle de mon manuscrit, voire de le rewriter. J’ai claqué plusieurs portes pour cette raison. Je ne fais pas partie des auteurs dociles, c’est pourquoi j’ai la réputation « d’avoir un problème avec l’autorité ». Il m’a semblé que chez H&O je serais enfin protégé de ces menaces, et que s’établirait un climat de confiance. Et surtout, je le répète, ces gens m’ont paru très motivés par leur travail, ce qui n’est pas si fréquent de nos jours où la routine commerciale et le découragement finissent par avoir raison des meilleurs. Lors des déjeuners professionnels on m’assomme de chiffres… mais on me parle de moins en moins de livres. Dommage. Ce n’était pas le cas lorsque j’ai débuté dans le métier, et je le regrette ; mais bon, comme on l’aura compris : je suis un vieux con.
Que pouvez-vous nous dévoiler de l’intrigue de Cendres vives ? Quelle place ce roman tient-il dans votre œuvre ?
Percuté de plein fouet par la mort de son père, Théo Fléole se réveille après vingt-trois ans d’une vie de torpeur. Il comprend alors que son amie l’a quitté, elle aussi. Sur un coup de tête, il décide de se lancer à sa recherche jusqu’aux lieux mêmes de leur première rencontre. Mais les retrouvailles ne se passent pas comme prévu. Accueilli froidement par une femme désormais mariée et mère de famille, il insiste, s’incruste, fait le siège de sa dulcinée. La love story espérée tourne rapidement au cauchemar et fait vaciller son esprit. Quelque chose pourra-t-il encore sauver Théo de la folie ?
Qu’est-ce que la réalité ? Qu’est-ce que la magie ? Peut-on dire des dinosaures qu’ils sont réels, alors que plus une seule de ces créatures ne vit actuellement sur Terre ? (D’ailleurs, ont-ils vraiment tous disparu ?) Et les bactéries ou les ondes radio, comment sait-on qu’elles existent vraiment puisqu’on ne peut pas les voir ? Et si des choses existent que l’on ne peut ni voir ni sentir, qu’en est-il des lutins, des esprits de la forêt ou du dieu Thor (vous savez, celui avec son gros marteau) ? Faut-il croire ce que nos yeux voient quand un magicien sort un lapin de son chapeau ou coupe son assistante en deux devant des centaines de spectateurs médusés ? En fin de compte, comment sait-on ce qui est réellement vrai ?